Lunettes In'Bô,
Interview d'Antoine Cochennec
A l’occasion de l’édition 2026 du Salon International de de la Lunetterie et de la Monture Optique, nous avons été à la rencontre d’Antoine Cochennec. Antoine, c’est un ingénieur spécialisé sur le bois et il est l’un des cofondateurs du lunetier vosgien In’Bô. Il a répondu à nos question sur les lunettes en bois et la marque qu’il dirige.
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Pourquoi a-t-on attendu longtemps la démocratisation des lunettes en bois ?
Historiquement il y avait des lunettes en bois qui dataient du Moyen-Âge
A. Cochennec
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FJ. Salut Antoine, nous ça fait un petit moment qu’on travaille avec In’Bô sur les lunettes en bois et il y a une question qui me trotte dans la tête, c’est de savoir pourquoi est-ce qu’on a attendu aussi longtemps pour démocratiser le bois sur des lunettes, alors que ça paraît un matériau qui a des avantages assez évidents ?
AC. Je pense que ça vient un petit peu de la technologie des adhésifs parce qu’on avait vu qu’historiquement il y avait des lunettes en bois qui dataient du Moyen-Âge. Les premières lunettes étaient faites avec du bois et je pense qu’on a très vite abandonné cette matière pour d’autres matières comme la corne puis après les plastiques et le métal et avec l’arrivée des nouvelles technologies, soit d’usinage, soit les nouveaux adhésifs, on a pu créer des contreplaqués et vraiment réingénieriser le bois, pour créer un bois suffisamment solide pour en faire des lunettes et ensuite je pense qu’il y a eu aussi, au milieu des années 2010, un changement d’état d’esprit, avec des gens qui recherchaient des produits plus naturels. Et, donc en fait c’est deux choses qui se sont rencontrées : une technologie et une demande du public pour quelque chose de plus éco-responsable.
Les lunettes en bois sont-elles durables
On va vraiment travailler sur le sens de la fibre pour créer une monture résistante
A. Cochennec
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FJ. La principale crainte de nos porteurs quand on leur présente des lunettes en bois, ça peut être aussi sur la durabilité, sur le fait qu’éventuellement elles vont casser. Qu’est-ce que tu aurais à nous dire pour les rassurer sur cet aspect-là ?
AC. Alors déjà, parler un petit peu de l’histoire d’In’Bô. Ça fait 13 ans qu’on fait des lunettes en bois. On travaille avec aujourd’hui entre 800 et 900 opticiens dans toute la France et on a vraiment une clientèle qui est très fidèle. Donc ça prouve que si c’était des one-shot ou si c’était des produits fragiles, déjà les gens auraient arrêté de travailler avec ces produits. Nous, c’est vraiment dans la fabrication du sandwich où on va vraiment travailler sur le sens de la fibre pour créer vraiment une monture résistante. Ensuite, sur la partie patine, il faut savoir quand même que c’est une matière naturelle et donc il y aura une patine. Donc là, c’est plus sensibiliser les gens au fait qu’effectivement, on va avoir des contraintes qui seront différentes que celles des matières, on va dire artificielles, comme le plastique ou le métal. Mais après, c’est quelque chose qui, une fois qu’il est su par le client, est complètement accepté. Comme une veste en cuir, on sait que ça va être vivant. Donc voilà, aujourd’hui, on a des gens qui trouvent que nos montures, elles sont très légères, très confortables. Et effectivement, elles sont un petit peu plus fragiles que des lunettes en plastique. Et je veux dire, tant qu’on ne s’assoit pas dessus et qu’on les utilise normalement, il n’y a aucun souci.
Quelles sont les prochaines innovations chez In'Bô ?
Ca va être avec plus de couleurs, et l'arrivée des branches métal qui est une grosse nouveauté pour nous.
A. Cochennec
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FJ. Vous avez fait beaucoup d’étapes déjà pour améliorer votre produit et même diversifier aussi. Quelles sont les prochaines étapes à quoi on peut s’attendre chez vous en termes d’innovation que vous allez intégrer ?
AC. C’est vrai qu’on essaie constamment de faire évoluer le produit. Notre façon de fonctionner, elle est beaucoup de s’appuyer sur les retours de nos opticiens. C’est principalement les demandes de nos clients qui font qu’on va faire évoluer la collection dans un sens ou dans un autre. Aujourd’hui, sur l’aspect technique, on va travailler à améliorer le vernis, toujours à bien travailler sur l’amélioration de la résistance. Mais ça va principalement être, je pense, dans comment est-ce qu’on peut démocratiser la lunette en bois à encore plus de monde. Donc ça va être avec plus de couleurs, l’arrivée des branches métal qui est une grosse nouveauté pour nous, je pense, va vraiment changer la dimension parce qu’il y a plein de gens qui avaient un frein psychologique avec les branches en bois. Et là, le fait qu’il y ait des branches en métal, ça va très probablement permettre à plein de gens de porter des lunettes en bois.